Au Maroc, «journalistes la tête haute, ni achetés ni vendus»

4:49 PM Aida Alami 0 Comments

 

Pendant deux mois, trois célèbres journalistes marocains, Omar Radi, Soulaimane Raissouni et Imad Stitou, ont été jugés dans des conditions iniques. Des procès qui signent la condamnation du journalisme indépendant au Maroc. Reportage entre les salles 7 et 8 du tribunal de Casablanca.

Casablanca (Maroc).– C’est avec le même mélange d’horreur et de sentiment d’impuissance que le public a assisté, ces dernières semaines au Maroc, aux procès des journalistes Omar Radi et Soulaimane Raissouni. Au fil des audiences, les deux amis, incarcérés à l’isolement dans la même aile de la prison d’Oukacha, ont vu leurs destins s’entremêler, et la tragédie qu’ils incarnent symbolise désormais les derniers souffles de la liberté d’expression au royaume du Maroc.

Jugés tous les deux par la cour d’appel de Casablanca, ils ont partagé la même équipe d’avocats bénévoles, des spécialistes de la défense des droits humains. Leurs audiences au tribunal ont même fini par se dérouler les mêmes jours. Celles de Soulaimane Raissouni dans la salle 7, celles d’Omar Radi dans la salle 8.

Ce ne sont pas là leurs seuls points communs.

Deux journalistes devenus des symboles

Ils ont tous les deux passé environ un an en détention provisoire – Soulaimane Raissouni a été arrêté en mai 2020, Omar Radi deux mois plus tard, en juillet, après, à chaque fois, une campagne de diffamation profondément troublante. Ils ont tous les deux été accusés de crimes sexuels (Omar Radi les cumulant avec une accusation d’espionnage).

Leurs procès ont été jugés inéquitables par les organisations internationales de défense des droits humains. Et ils sont désormais tous les deux officiellement condamnés.

À l’ère d’après #MeToo, donner la parole aux plaignant·e·s dans les affaires de violences sexuelles aurait pu être un moment décisif au Maroc, un pays où les juges infligent des peines minimales aux auteurs de délits ou de crimes sexuels et ne poursuivent que très rarement les hommes puissants accusés de tels faits. En d’autres circonstances que celles visant Omar Radi et Soulaimane Raissouni, les féministes et les organisations internationales auraient applaudi des deux mains la volonté de la justice marocaine d’entendre et de poursuivre de telles affaires.

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